2 étoiles BD Jeunesse Mes Chroniques

Astérix tome 37 : la Transitalique de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad

« Les personnages créés par les deux génies du 9e art Albert Uderzo et René Goscinny sont de retour ! Après Astérix chez les Pictes et Le Papyrus de César, Astérix et Obélix reviennent dans Astérix et la Transitalique, le nouvel album signé par les talentueux Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. 
N’en déplaise à Obélix, les Italiques, les habitants de l’Italie, ne sont pas tous des Romains, au contraire ! Les Italiques tiennent à préserver leur autonomie et voient d’un mauvais oeil les vélléités de domination de Jules César et ses Légions.

Dans Astérix et la Transitalique, nos héros favoris s’engagent dans une aventure palpitante à la découverte de cette surprenante Italie antique ! « 

Infos pratiques : 48 pages / Sortie : 19 Octobre 2017 / Editions Albert René / 9,95 €

Après Astérix chez les Pictes qui avait été une lecture plutôt mitigée et Le Papyrus de César qui était une belle réussite, nous retrouvons nos deux compères dans une nouvelle aventure. Une fois encore, je trépignais d’impatience à l’idée de me plonger de nouveau dans les histoires de mes deux fidèles amis de toujours. Après en avoir tourné la dernière page, je peux vous dire que mon impatience était à la hauteur de ma déception. Vous constaterez d’ailleurs qu’il m’a fallut un mois pour vous en parler…

Mon avis : En inconditionnelle d’Astérix depuis ma plus tendre enfance, je me lance éperdument dans ma lecture à chaque nouvelle parution. Cette fois encore, je n’ai pas réfléchi bien longtemps avant de le glisser dans mon panier. Une fois rentrée chez moi, ni une, ni deux, je me suis lancée dans sa lecture et ce avec beaucoup d’impatience comme dit plus haut.

Pourtant, dès la première page,l’incompréhension et la déception ont pointé le bout de leur nez. Pour certains d’entre vous, cela n’aura sans doute pas réellement d’importance, d’ailleurs, vous ne vous en serez peut-être même pas rendus compte…MAIS j’aimerais bien que l’on m’explique ce qui est passé par la tête de Jean-Yves Ferri, Didier Conrad ou de la maison d’édition Albert René pour nous enlever notre chère page d’ouverture ?!!!!

Oui…où est-elle ? Les gaulois ne résistent-ils plus encore et toujours à l’envahisseur ? Par Toutatis !!!! Vous me trouverez sans doute « nostalgique »… mais je n’apprécie tout simplement pas cette volonté de mettre de côté un pan de l’histoire de la série « Astérix ». Une part de son identité réside dans cette fameuse page. Elle manque, cruellement.

Lorsque vous rentrez dans le vif du sujet (de manière abrupte), le lecteur se retrouve plongé dans l’univers d’Astérix mais il y a quelques petits couacs par ci, par là, qui ont un petit arrière goût de déception.

Tout d’abord, parlons de l’histoire : nos irréductibles gaulois (apparemment plus besoin de le préciser…) vont participer à une course de chars à travers toute l’Italie (toute ? Non…un village résiste encore et toujours aux courses de char : Rome ! 😉 ). Cette course, orchestrée par le sénateur Lactus Bifidus a pour but de démontrer au sénat (et au monde par la même occasion) que les voies romaines sont impeccables malgré les nombreuses critiques reçues et que NON ! il ne dilapide pas l’argent public qui devrait servir à les restaurer, dans diverses orgies… César, quant à lui, exige que ce soit le champion romain qui remporte la course…si ce n’était pas le cas, Lactus Bifidus aurait du soucis à se faire…

Prometteur n’est-ce pas ? Je voyais déjà la folle épopée, les nids-de poule, les petites ou grandes trahisons, les coups-bas et tout cela saupoudré de rires et de sourires.

Malheureusement, le rythme haletant voulu par Conrad et Ferri ne prend pas…les cases se succèdent, vite (trop vite) et le lecteur est laissé sur la touche. Il voit les images défiler, il a perdu son sourire, il se traîne de page en page…il voit arriver la fin, sans grande surprise. Peu voir pas de rebondissements. Peu voir pas de moments sympathiques. Rien ne prend.

Pour ce qui est du trait de crayon en lui même, il faut admettre qu’il n’est jamais évident de dessiner « à la manière de ». Néanmoins Didier Conrad s’en sort plutôt bien (très bien même) dans l’ensemble. C’est d’ailleurs impressionnant par moment…du moins jusqu’à ce qu’on ne tombe sur César…là…que peut-on en dire ? Un mot me vient : loupé. César est complètement défiguré. J’ai mis quelques instants à comprendre de qui il s’agissait…pour vous dire.

Ensuite, il y a les dialogues sans saveur, les jeux de mots lourds et insistants. Puis il y a certains dessins qui n’ont aucune âme…qui sont plantés là, sans relief, sans éclat. Et pour finir, le scénario : plat, sans véritable intérêt.

J’ai refermé cette BD en me disant : c’est fini. Je sais pertinemment que sans Didier Conrad et Jean-Yves Ferri, Astérix et Obélix ne vivraient plus aucune aventure, mais si c’est pour en arriver à cela, je préfère leur dire adieu une bonne fois pour toute plutôt que de les voir s’étioler avec le temps…être dénaturés, vidés de leur substance. Les aventures d’Astérix ne peuvent être médiocres. Nous en attendons peut-être trop, nous les fans, les inconditionnels…mais je ne peux me résoudre à accepter de me dire « ouais bon…c’était le bon vieux temps, maintenant c’est moyen… ». Le génie de Goscinny et Uderzo me manque.

En conclusion : A la lecture de cette critique, je pense que vous comprendrez aisément ma déception. Vous ne la partagerez peut-être pas, et je vous le souhaite sincèrement. Je sais pertinemment que la nostalgie me poussera une fois encore à attendre le tome 38…mais cette fois-ci, ce sera avec une certaine appréhension. La petite fille qui piquait les Astérix de son père pour les lire le soir et qui a d’ailleurs appris à lire avec eux…espère toujours et attend que la magie, enfin retrouvée, opère de nouveau.

Victoria2 sur 5