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Il était une lettre de Kathryn Hughes

« Manchester, 1973. Tina, secrétaire dans une compagnie d’assurances, est bénévole dans une boutique caritative le samedi. Cette activité lui permet d’échapper quelques heures à son mari, Rick, violent et alcoolique. Alors qu’elle trie de vieux vêtements, dans la poche d’une veste de costume, elle met la main sur une lettre jamais ouverte ni postée. C’est une demande en mariage, datée de septembre 1939. Émue, Tina décide de retrouver la destinataire de ce courrier, Chrissie, pour le lui remettre. Une simple enveloppe peut-elle contenir la clé du bonheur ? Et le chagrin d’une femme saurait-il illuminer la vie d’une autre ?

À plusieurs décennies d’intervalle, deux histoires d’amour brisées en plein vol, deux destins de femmes au cœur meurtri. Un roman bouleversant. »

Infos pratiques : Broché / Le Livre de Poche / Sorti le 8 Février 2017 / 416 pages / 7,60 €

Mon avis : Cette quatrième de couverture vous dit tout et le fait avec beaucoup de justesse. Je suis sortie bouleversée de ce roman que j’ai tout simplement adorée. Il y a vraiment des romans qui font échos en vous, qui vous parlent davantage que d’autres. Et « Il était une lettre » a fait partie de mes belles découvertes en 2018.

Nous sommes en 1973. Tina, une jeune femme mariée à un homme violent et alcoolique, Rick, est secrétaire la semaine et bénévole dans une boutique de vêtements d’occasion le week-end.

Un jour des plus banals, le destin va mettre sur sa route une histoire à vous en retourner le cœur qui chamboulera à jamais sa vie. Dans la poche d’un veston, elle trouve une lettre qui n’a jamais été postée, écrite en 1939 par un jeune homme nommé Billy et adressée à son amour, Christina (Chrissie).

Plus de trente années séparent Tina de Chrissie, et pourtant, c’est au fil de la lecture de cette fameuse lettre qui ne lui était pas destinée, que Tina va se prendre d’une profonde affection pour cette histoire d’amour que le destin aura malmenée. Pourquoi est-ce que cette lettre n’a pas été postée ? Quelles raisons ont pu pousser Billy à écrire une lettre à Chrissie ? Que sont-ils devenus tous les deux à la veille de la Seconde Guerre Mondiale ?

Parallèlement à la lecture de cette lettre et aux retours dans le passé, nous suivons de près la vie de Tina, ses déboires, ses peurs, ses désillusions croissantes…la cruauté d’un quotidien douloureux, qui heurte, épuise, blesse, jour après jour.

Après la lecture de la lettre de Billy, Tina a un nouvel objectif, un but qui lui permet de maintenir la tête hors de l’eau : trouver en elle la force qui lui manquait pour braver le temps et obtenir des réponses aux questions qui l’obsèdent.

Nous sommes face à deux femmes que tout sépare, deux destins tragiques et touchants, deux temporalités qui se retrouvent unis sous nos yeux. Deux vies malmenées, deux cœurs meurtries. Et au fil des pages on en devine les fêlures, les cicatrices, les regrets, les remords.

On ressent le poids d’une éducation trop stricte, l’inflexibilité qui se cache derrière un sens aigu des responsabilités, la détresse qui prend à la gorge…et l’amour, l’amour toujours mis à rude épreuve.

Chrissie et Tina sont deux êtres brisés, écrasés par leur condition, chacune à sa manière. Et pourtant cette lettre, cette insignifiante lettre, laissée là, dans la poche d’un veston pendant toutes ces années, si criante d’amour qu’elle fend le cœur, viendra bouleverser ce qui semblait inéluctable.

Certains passages, difficiles à lire tant le lecteur semble les vivre, sont empreints d’un réalisme terrible. Le lecteur voit les gestes violents, les regards réprobateurs, les lèvres pincées… Il ressent l’aigreur, le poids des convenances, le fardeau que peut être le regard des autres, les jugements qui cinglent, l’emprise que peuvent avoir certaines personnes sur nos vies, sur nos cœurs, sur nos choix…

« Kathryn Hughes » interpelle le lecteur et le fait avec une grande sincérité. Sa plume, forte et directe, nous livre sans fioriture et avec parcimonie les détails de ces deux histoires passionnantes et terribles à la fois.

En conclusion : « Il était une lettre » est un roman puissant qui ose décrire la maltraitance des cœurs dans ce qu’elle a de plus cruel…L’emprise, la manipulation morale et psychologique, le poids des apparences, …

Vous y trouverez deux histoires touchantes qui m’auront émue aux larmes ; des mots provenant d’une époque révolue et qui ont un goût d’éternité ; un destin tragique qui m’aura bouleversée. 

J’ai adoré cette lecture…à vous désormais de vous y plonger…

Victoria