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Les faucheurs sont les anges de Alden Bell

Depuis vingt-cinq ans, la civilisation se réduit à de pauvres enclaves qui s’efforcent d’endiguer des flots de morts-vivants. Une jeune fille nommée Temple sillonne ces paysages d’une Amérique dévastée lors d’une errance solitaire qui lui permet de faire taire ses démons intérieurs.

Elle n’a pas souvenir du monde avant l’arrivée des zombies, mais se rappelle le vieil homme qui les avait recueillis, son jeune frère et elle ; un cadet dont elle a eu la charge jusqu’à la tragédie qui l’a poussée à aller de l’avant, en quête de rédemption. Un voyage initiatique d’îlot préservé en îlot préservé, à travers un Sud ravagé en proie à la sauvagerie, au cours duquel Temple devra décider où fonder un foyer et trouver le salut qu’elle cherche désespérément.

Infos pratiques : Paru aux éditions Folio SF / (306 pages) / Tristan Lathière (traduction)

« Y a des gens qui veulent pas voir le monde comme il est. Qui font profil bas en tremblant. Qui se trouvent quatre murs assez hauts pour cacher tout le reste. Pour ceux-là, le monde est un endroit effrayant. Toi et moi, tu vois, on est différents. Quand on doit bouger, on bouge. On s’fout de la raison ou de la distance. Vengeance ou générosité, sagesse ou folie – pour nous autres, c’est du pareil au même. Que ça nous plaise ou non, on y va. Parce que toi et moi, fillette, on est des enfants de Dieu, des soldats, des baroudeurs. Et pour nous, le monde, c’est un émerveillement. »

« Ouais j’vois bien que tu le sais. T’as conscience de ces trucs là, tout comme moi. Tu comprends que le monde obéit à un ordre – à des règles qui valent autant pour les hommes que pour les dieux. Tu vois, des tas de gens croient que la planète est déglinguée à cause des rampants; ils pensent qu’on peut ramasser ce qu’on veut, sang, tripes ou âme. Toi et moi, on vit sur le terrain, pas derrière des murs. On sait que le regard de Dieu est posé sur nous. J’te respecte pour la vision que t’as des choses, d’autant que t’es rien qu’une gamine. »

Mon avis : Alden Bell frappe fort avec ce roman qui nous plonge dès les premiers mots dans un monde post-apocalyptique perçu à travers les yeux d’une jeune fille de 15 ans, Temple. L’originalité de ce roman et de ce personnage ? Un début totalement décalé qui installe d’entrée le ton de ce roman dans un style d’écriture qui frôle la perfection.

Nous ne plongeons pas directement dans la terreur, l’angoisse, les zombies etc…non, nous prenons le temps de découvrir le lieu dans lequel nous arrivons…nous apprenons à connaître ce personnage si atypique…nous nous délectons de moments de vie presque oniriques…

Pourquoi Temple est-elle si atypique ? Et bien, comment réagiriez-vous si un cadavre s’échouait sur la côté à quelques mètres de vous et se révélait être…un mort-vivant ? Pour la plupart d’entre nous, « prendre ses jambes à son cou » serait l’expression qui se rapprocherait le plus de notre réaction…mais ce n’est pas le cas de Temple…

Le personnage est posé, l’histoire peut enfin révéler toute sa force.

Temple vit aux Etats-Unis dans un monde ravagé et poussiéreux. Elle a grandit dans ce monde et n’a jamais connu autre chose que la vie qu’elle mène. Résignée ? Blasée par sa vie ? Non…elle se contente de survivre dans un monde plus qu’hostile et du mieux qu’elle le peut. C’est d’ailleurs tout ce qu’elle sait faire… avancer. Et pour cela, elle est prête à faire « ce qu’il faut » quand il le faut et ne semble pas impressionnée par grand chose. Droite, froide, Temple est déterminée à survivre, coûte que coûte.

Seule, elle parcourt le pays pour trouver de quoi se nourrir tout en évitant le plus possible de croiser la route des « limaces » ou « sacs à viandes » comme elle se plaît à les nommer. Dignes des zombies de la série de comics Walking Dead, ces morts-vivants sont en quête perpétuelle de nourriture et s’avèrent peu dangereux si tant est que l’on se nomme « Temple » et qu’on ait l’expérience nécessaire et indispensable pour leur échapper…

Ce personnage qui paraît si peu attachant, se révèle pourtant l’être véritablement. Comment ne pas s’attacher à cette jeune fille, extrêmement forte et courageuse qui avance, seule, conditionnée par un monde qu’elle subit et avec lequel elle a apprit à composer. Temple ne se plaint jamais…pourquoi le ferait-elle ? Pour se plaindre il faudrait regretter des choses…hors, que regretter, elle qui n’a connu que cette vie…alors elle poursuit sa route, malgré les épreuves, malgré ses craintes et ses faiblesses.

« Les faucheurs sont les anges » n’est pas qu’un simple roman de dystopie…Il est emplit d’humanité et de force. Les personnages que Temple rencontre ne se contentent pas de passer dans le roman, ils nous permettent de comprendre plus précisément qui elle est, par où elle est passée. Loin d’être invulnérable, cette jeune fille est avant tout une gamine de 15 ans qui cherche sa place dans un monde qui ne semble pas vouloir lui en faire une. Pas après pas, le lecteur la voit se questionner et réfléchir…ses actes passés sont-ils réellement justifiés ?

Les liens qui se tissent entre elles et certains autres personnages sont marquants voir poignants…bien plus que de simples dialogues, ce sont des échanges particulièrement justes qui se créent sous nos yeux, des réflexions puissantes et philosophiques sans en avoir l’air. Tout est tellement abrupte dans ce roman que le lecteur ne peut s’attendre à tant de finesse d’esprit et de délicatesse…et pourtant c’est bien de cela dont il s’agit.

Malgré le thème abordé, c’est le mot qui revient sans cesse dans mon esprit : la délicatesse. La plume de l’auteur, le travail du traducteur, font de ce roman une perle d’écriture…

Je me suis attachée à Temple, à sa fragilité…malgré ses airs de dur à cuire, j’avais envie de la prendre dans mes bras et de lui dire que tout allait bien se passer…J’ai eu les larmes aux yeux, j’ai frissoné avec elle, j’ai aimé vivre avec elle toutes ses découvertes…et j’ai aimé  encore cette candeur qui ne la lâche jamais même dans les situations les plus difficiles.

En conclusion : « Les faucheurs sont les anges » n’est pas un roman comme les autres…c’est un voyage à la fois terrifiant et magique au coeur de ce que l’Homme a de plus précieux : sa conscience.

Il se dégage une telle force de ce roman, que je la ressens toujours, plusieurs jours après avoir terminé ma lecture.

Je ne vous recommanderai pas de lire ce livre…je vous y invite chaudement comme je le ferais avec un ami…Cette histoire fait partie de celles qui ne vous laissent pas totalement indemne une fois la dernière page tournée. C’est un coup de coeur…un coup de foudre !

5 coeurs

 

Victoria

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