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Quand on n’a que l’humour d’Amélie Antoine

C’est l’histoire d’un humoriste en pleine gloire, adulé de tous, mais qui pense ne pas le mériter.
Un homme que tout le monde envie et admire, mais que personne ne connaît vraiment.
Un homme blessé qui s’est accroché au rire comme on se cramponne à une bouée de sauvetage.
C’est aussi l’histoire d’un garçon qui aurait voulu un père plus présent.

Un garçon qui a grandi dans l’attente et l’incompréhension.
Un garçon qui a laissé la colère et le ressentiment le dévorer.
C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais, surtout, l’histoire d’un père et d’un fils à qui il aura fallu plus d’une vie pour se trouver.

Infos pratiques : Format broché / Editions Michel Lafon / 417 pages / Sorti le 4 Mai 2017 / 18,95 €

Merci Amélie pour cette lecture. Merci de m’avoir permis de lire ce roman… Du talent, vous en avez à revendre…je vous souhaite tellement de bonnes choses…je fais partie de ceux qui aiment votre plume et qui vous souhaite le meilleur dans ce métier-passion qui vous va comme un gant !

Mon avis : Après avoir lu « Au nom de quoi » publié sous le pseudonyme Dorian Meune, je savais qu’Amélie Antoine possédait une plume délicate capable de toucher le lecteur en quelques mots. Cette facilité à décrire les ressentis, les émotions et à retranscrire les pensées de ses personnages est stupéfiante. Homme ou femme, elle se glisse dans la peau de ses personnages avec tant de facilité que la réalité et la fiction peinent à trouver leur place, fusionnant avec beaucoup d’adresse.

Avec « Quand on n’a que l’humour », Amélie Antoine prend le lecteur par la main et l’invite à la suivre dans son monde, un monde talentueux et prometteur.

Edouard Bresson est humoriste. Adulé et admiré de tous, tout lui réussit. Mais avant d’être cet homme qui amuse la galerie et qui sait superbement bien le faire…il est un fils…celui de Lucien, un ouvrier épuisé par sa vie et colérique, en quête, bien plus que tout, de silence…Du silence il en veut à toutes les sauces. Pas question pour lui de supporter les cris, les pleurs et les rires de ses enfants…La moindre source sonore est bannie de son domicile.

Edouard n’est pas qu’un fils, c’est aussi un frère, celui de Jonathan, de 6 ans son cadet…bien trop jeune pour rester silencieux.

Mais Edouard est aussi un père, celui d’Arthur, cet enfant en manque d’amour et d’attention.

Edouard Bresson, est cet homme aux multiples rôles en apparence si gentil, si cordiale, si agréable et si drôle…si lisse. Il a tout…il est tout…mais en est-il heureux ?

Cette histoire intrigue, parce qu’elle respire la vie, le réel…oui, l’authentique. En quelques mots, le lecteur comprend qu’il s’embarque pour un voyage un peu particulier : il part en quête, en quête de soi, en quête de l’autre.

La construction même du roman est intéressante. L’alternance du passé, du présent, les fins de chapitre qui se retrouvent au début des suivants comme un lien indéfectible entre ‘maintenant’ et ‘autrefois’…comme si chacun de ces chapitres n’était jamais réellement une fin en soi. Et puis il y a cette dernière partie à laquelle le lecteur participe, cette chasse au trésor un peu particulière.

Cette histoire, déjà bien pensée est servit par une plume époustouflante et un travail indéniable. Tout sonne juste. La simplicité de cette histoire la rend tellement authentique et sincère. Amélie Antoine connaît ses personnages sur le bout des doigts. Elle les connaît comme on connaîtrait un ami. Et c’est ce que le lecteur ressent. Elle sait doser sa plume et en maîtrise chaque aspect. Ainsi, le lecteur ne tombera pas dans du pathos larmoyant, bien au contraire, il sera charmé et touché par la profondeur des émotions qui émanent de ce roman.

« Quand on n’a que l’humour » c’est une histoire d’AMOURS : d’amour fraternel, d’amour paternel, d’amour comme il n’en existe que dans la vie. L’imparfait, le maladroit, le fragile, en d’autres termes, le véritable amour, bien loin des contes de fées et des promesses tenues. Cet amour là, il blesse, il heurte. Il ne sait pas trouver les mots, il ne sait pas les dire. Il reste muet quand il devrait crier, il reste inerte quand il devrait se mouvoir. Discret, on ne le perçoit parfois que dans des détails.

Et le rire, l’humour comme symbole de bonheur, de joie…comme signale d’alerte, de détresse. Ces blessures du passé qui ne se referment jamais…ou presque. Et ces erreurs qu’on s’était promis de ne pas reproduire et qui nous collent à la peau.

En conclusion : « Quand on n’a que l’humour » a bien trouvé son nom. Ce titre fait penser à cette fameuse chanson « Quand on n’a que l’amour ». Mais quand l’amour laisse place à l’humour, il y a là, indéniablement, des non-dits, des fêlures, des cassures…et tant de blessures qui se cachent derrière un sourire, derrière un masque qui prend la forme qu’on veut bien lui donner. Tant de mélancolie en plus. L’humour comme bouée de sauvetage, comme une bouteille jetée à la mer, comme placebo.

Amélie Antoine est une auteure talentueuse à l’imagination débordante, qui sait parler au lecteur. Elle vous panse et vous cajole telle une amie le ferait à des moments précis de votre vie. Sa plume suave et authentique vous charme, ses histoires s’imprègnent en vous, ses personnages vous semblent familiers tant ils sont réels, presque palpables.

« Quand on n’a que l’humour » est un roman d’exception emprunt de douceur et de mélancolie qui nous promettait beaucoup et qui a tenu la moindre de ses promesses. C’est le roman d’une vie, non de plusieurs vies en réalité, qui fera échos en vous de bien des façons.

Alors lisez-le, ne tardez pas trop car comme le dirait Edouard Bresson, si vous le lisez… « tout ira bien ».

5 coeurs

Victoria

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